Bénir au lieu de riposter : répondre à une remarque blessante
Quelqu'un te lance une pique devant tout le monde. Ton corps réagit avant ta tête : la gorge se serre, la réplique monte. Dans ces secondes, tu as le choix entre rendre le coup ou répondre autrement. Cette quête te propose de t'exercer, aujourd'hui, à répondre par une parole bonne.
À quoi ça ressemble dans ta journée
Bénir, ce n'est pas faire semblant d'être insensible, ni plier devant l'injustice. C'est refuser de rendre le mal pour le mal et dire, à la place, une parole qui fait du bien. Quelques situations et quelques réponses possibles :
- Une critique injuste au travail. Au lieu de « Tu ne sais même pas de quoi tu parles », essaie : « Merci de me le dire, je vais regarder ça. » Tu pourras clarifier plus tard, à froid.
- Une moquerie sur ta foi. Au lieu de te braquer : « Je comprends que ça te paraisse étrange. Ça compte beaucoup pour moi, mais je ne veux pas t'imposer ça. »
- Un reproche en famille. Au lieu de ressortir un vieux grief : « Tu as raison sur ce point, je ferai attention. »
- Un message agressif. Ne réponds pas tout de suite. Attends quelques heures, puis écris quelque chose de calme, ou ne réponds pas.
Trois gestes pour t'y préparer : respire avant de répondre (trois secondes suffisent), dis intérieurement à Dieu « Aide-moi », puis choisis une réponse courte et sans venin. Si la remarque est vraiment injuste, tu pourras la rectifier plus tard, calmement. Bénir ne t'empêche pas de poser une limite.
Si tu es pressé, retiens ceci : ne réponds jamais dans la première minute. Si tu es timide, répondre doucement est souvent plus facile que de répliquer fort. Si tu es du genre vif, c'est un entraînement à la maîtrise de soi.
Ce que dit la Bible
Paul pose le principe sans détour :
« Ne rendez à personne le mal pour le mal. Recherchez ce qui est bien devant tous les hommes. S’il est possible, autant que cela dépende de vous, soyez en paix avec tous les hommes. Ne vous vengez point vous-mêmes, bien-aimés, mais laissez agir la colère; car il est écrit: A moi la vengeance, à moi la rétribution, dit le Seigneur. Mais si ton ennemi a faim, donne-lui à manger; s’il a soif, donne-lui à boire; car en agissant ainsi, ce sont des charbons ardents que tu amasseras sur sa tête. Ne te laisse pas vaincre par le mal, mais surmonte le mal par le bien. »
Remarque la fin : « Ne te laisse pas vaincre par le mal, mais surmonte le mal par le bien. » Riposter, c'est se laisser vaincre, car on devient semblable à celui qui nous a blessés. Répondre par le bien, c'est garder sa liberté. Pierre rappelle l'exemple de Jésus :
« lui qui, injurié, ne rendait point d’injures, maltraité, ne faisait point de menaces, mais s’en remettait à celui qui juge justement; »
Jésus, injurié, ne rendait pas l'injure. Il ne se taisait pas par faiblesse, mais « s'en remettait à celui qui juge justement » : il confiait la justice à Dieu. Cette confiance libère de l'obligation de se défendre à tout prix. Et la parole de Jésus, reprise par Luc, est limpide : bénissez ceux qui vous maudissent (Luc 6:28).
Les pièges à éviter
Confondre bénir et se laisser écraser. Bénir ne veut pas dire accepter d'être maltraité de façon répétée. Si une personne est violente ou humiliante de manière durable, protège-toi et demande de l'aide.
La riposte déguisée. Une phrase comme « Je te pardonne, tu sais, même si tu ne le mérites pas » est une attaque polie. Une vraie bénédiction ne contient pas de leçon.
Ravaler sa colère. Si tu ne dis rien et que tu rumines, la colère reste. Parle-en à Dieu, puis à une personne de confiance, et reviens vers l'autre si c'est utile.
Se juger en cas de dérapage. Il t'arrivera de riposter quand même. Excuse-toi, et recommence. L'objectif est d'avancer, pas de réussir à chaque fois.
Se prendre pour un saint. Bénir est un entraînement quotidien, pas une médaille. Garde l'humilité.
Aujourd'hui, prépare-toi à une réponse bonne pour la première remarque blessante que tu recevras. Respire d'abord, puis dis une phrase sans venin.