Mathétès

Louer dans l'épreuve : dire merci pour une chose, malgré tout

Louer Dieu quand tout va bien est facile. Mais que faire quand l'épreuve est là : le deuil, la maladie, le chômage, la rupture, l'échec ? Dire « merci » peut sembler indécent. Cette quête ne te demande pas de nier ta douleur, ni de remercier pour l'épreuve. Elle te propose de chercher une chose, une seule, pour laquelle tu peux remercier Dieu malgré tout.

À quoi ça ressemble dans ta journée

Dire d'abord ce qui est dur. Commence par la vérité : « Seigneur, je suis en colère, je suis fatigué, je ne comprends pas. » La louange vraie ne passe pas par le déni.

Chercher une chose. Pas dix : une seule. Qu'est-ce qui, dans cette épreuve, reste donné ? Une personne qui t'accompagne, une force inattendue, un repas, un souvenir, la présence de Dieu elle-même, une heure de calme.

La dire à voix haute. « Malgré tout, merci pour ma sœur qui m'appelle chaque soir. » Ou : « Malgré cette épreuve, merci parce que tu es fidèle. »

Garder le « malgré tout ». Ce petit mot sauve l'honnêteté. Tu ne dis pas que l'épreuve est bonne : tu dis que Dieu reste bon.

Laisser la louange monter doucement. Certains jours, tu ne pourras pas aller plus loin que cette seule phrase. C'est suffisant.

Cette pratique n'est pas pour t'imposer une joie : elle est une manière de garder la porte ouverte vers Dieu, quand la douleur voudrait la fermer. Si la souffrance est très intense, parle à un proche ou à un accompagnant : tu n'as pas à traverser cela seul.

Si tu es pressé, la phrase « Malgré tout, merci pour… » suffit. Si tu es timide, tu peux l'écrire. Si tu n'y arrives pas, dis-le à Dieu : « Je n'y arrive pas aujourd'hui », c'est déjà de la prière.

Ce que dit la Bible

Job vient de tout perdre en une journée : ses biens, ses enfants. Voici sa réaction :

« Alors Job se leva, déchira son manteau, et se rasa la tête; puis, se jetant par terre, il se prosterna, et dit: Je suis sorti nu du sein de ma mère, et nu je retournerai dans le sein de la terre. L’Éternel a donné, et l’Éternel a ôté; que le nom de l’Éternel soit béni! »

Remarque l'ordre : il déchire son manteau, se rase la tête, se prosterne. Il exprime sa douleur. Et c'est dans ce geste qu'il dit que l'Éternel a donné, que l'Éternel a ôté, et que son nom soit béni. Plus tard dans le livre, Job se plaindra, interrogera, protestera : la louange et la plainte cohabitent. Le prophète Habacuc exprime la même foi dans un contexte de disette :

« Car le figuier ne fleurira pas, La vigne ne produira rien, Le fruit de l’olivier manquera, Les champs ne donneront pas de nourriture; Les brebis disparaîtront du pâturage, Et il n’y aura plus de bœufs dans les étables. Toutefois, je veux me réjouir en l’Éternel, Je veux me réjouir dans le Dieu de mon salut. »

Le figuier ne fleurira pas, dit-il, mais lui veut se réjouir en l'Éternel : il décrit l'effondrement de tout, puis il choisit malgré tout la joie. Sa joie ne dépend pas de l'abondance, mais de Dieu.

Les pièges à éviter

Nier la douleur. Remercier ne veut pas dire que tout va bien. La Bible est pleine de plaintes adressées à Dieu. Les deux ont leur place.

Imposer la gratitude aux autres. Ne dis jamais à quelqu'un qui souffre : « Tu devrais remercier. » Cette pratique est pour toi, pas pour corriger autrui.

Se forcer à des sentiments. La louange ici est un acte, pas un état. Tu peux ne rien ressentir.

Chercher une raison à l'épreuve. Remercier ne veut pas dire expliquer. Tu peux ne jamais savoir pourquoi.

Se sentir coupable de ne pas y arriver. Certains jours, la douleur est trop grande. Dis à Dieu : « Je n'ai pas de merci aujourd'hui. » Il accueille aussi cela.

Aujourd'hui, dans ta difficulté actuelle, cherche une chose. Dis : « Malgré tout, merci pour… »

Prêt à le mettre en pratique ?

Mathétès te propose chaque jour des quêtes concrètes pour devenir disciple, gratuitement. Cette quête y est prête à être relevée.

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