Œuvrer pour l'unité : rapprocher deux personnes fâchées
Deux amis qui ne se parlent plus, deux familles brouillées, deux collègues en froid, deux membres de l'église qui s'évitent : ces fractures font du mal bien au-delà de ceux qui les vivent. Elles abîment le groupe, créent des clans, mettent les autres mal à l'aise. Cette quête te propose de faire un geste pour rapprocher deux personnes de ton entourage qui sont fâchées.
À quoi ça ressemble dans ta journée
Repérer la situation. Y a-t-il deux personnes proches de toi qui sont en froid ? Quelle est l'origine ? Qui souffre le plus ? Y a-t-il un malentendu qu'on pourrait dissiper ?
Prier d'abord. Pour chacune des personnes, séparément, et pour la situation. Demande à Dieu de t'indiquer ce que tu dois faire (ou ne pas faire).
Choisir un geste réaliste. Quelques pistes :
- Parler à chacun séparément, avec écoute : « Comment tu vis cette situation ? » Sans prendre parti.
- Rappeler le bien de l'autre. « Tu sais, Paul a beaucoup parlé de toi avec affection l'autre jour. » Si c'est vrai.
- Proposer une rencontre : un café à trois, un repas, une médiation, avec un cadre calme.
- Encourager chacun à faire un pas : un mot, une excuse, une demande de pardon.
- Ne rien aggraver : refuse les commérages.
Rester en retrait au moment de la rencontre. Si tu as créé le cadre, laisse-les se parler. Reste disponible, mais ne dirige pas.
Accepter les limites. Tu n'as pas le pouvoir de forcer la réconciliation. Ton rôle est de créer les conditions.
Prier encore. Pour que les cœurs s'adoucissent.
Si tu es pressé, un seul geste : un message à l'un des deux. Si tu es timide, souviens-toi que ton rôle est discret. Si tu es proche des deux, tu es le mieux placé.
Ce que dit la Bible
Paul intervient directement, dans la lettre aux Philippiens, pour deux femmes en désaccord :
« J’exhorte Évodie et j’exhorte Syntyche à être d’un même sentiment dans le Seigneur. Et toi aussi, fidèle collègue, oui, je te prie de les aider, elles qui ont combattu pour l’Évangile avec moi, et avec Clément et mes autres compagnons d’œuvre, dont les noms sont dans le livre de vie. »
« J'exhorte Évodie et j'exhorte Syntyche à être d'un même sentiment dans le Seigneur » : il les nomme toutes les deux, il ne prend pas parti, et il demande à un « fidèle collègue » de les aider. Voilà un modèle : nommer, ne pas choisir un camp, impliquer quelqu'un qui peut aider. Abram propose à Lot de mettre fin à une dispute entre leurs bergers :
« Abram dit à Lot: Qu’il n’y ait point, je te prie, de dispute entre moi et toi, ni entre mes bergers et tes bergers; car nous sommes frères. Tout le pays n’est-il pas devant toi? Sépare-toi donc de moi: si tu vas à gauche, j’irai à droite; si tu vas à droite, j’irai à gauche. »
Qu'il n'y ait point de dispute entre eux, car ils sont frères : il prend l'initiative, et il fait lui-même un sacrifice en laissant à Lot le choix. Jésus a prié pour l'unité de tous ses disciples (Jean 17:21), et dit heureux ceux qui procurent la paix (Matthieu 5:9).
Les pièges à éviter
Prendre parti. Dès que tu penches d'un côté, tu perds la confiance de l'autre. Reste impartial.
Colporter ce que chacun dit de l'autre. Les paroles rapportées enveniment. Ne répète que ce qui est positif et utile.
Forcer une rencontre trop tôt. Parfois, il faut laisser retomber. Une rencontre précipitée peut tout aggraver.
Se mêler de ce qui ne te regarde pas. Si les personnes ne souhaitent pas que tu interviennes, respecte-le, et continue à prier.
Se décourager. Une réconciliation peut prendre des mois. Un petit geste peut en être le début.
Aujourd'hui, si deux personnes de ton entourage sont fâchées, fais un geste concret : un message, une rencontre, une prière.