Mathétès

Défendre un absent : dire un mot juste à la place de celui qui n'est pas là

Une conversation à la pause café glisse peu à peu : on se met à parler d'un collègue absent, d'abord pour plaisanter, puis avec plus de dureté. Tu sens que ce n'est pas juste, mais tu ne dis rien : personne n'aime jouer les rabat-joie. Cette quête te propose de faire autrement, aujourd'hui, si l'occasion se présente.

À quoi ça ressemble dans ta journée

Défendre un absent ne veut pas dire faire un discours ni prendre la défense de quelqu'un contre tous. Il s'agit de dire un mot juste, calme, qui rééquilibre la conversation. Quelques manières de le faire :

Ce qui compte, c'est le ton : sans accusation envers ceux qui parlent. Tu n'es pas là pour faire la morale, mais pour rendre à l'absent sa dignité. Si tu es timide, une phrase très courte suffit. Si tu es pressé, retiens ceci : ne rien ajouter à la critique est déjà un premier pas.

Il peut aussi s'agir de défendre quelqu'un qu'on ne défend jamais : une personne marginalisée, un groupe moqué, un enfant dont on se plaint, un responsable qu'on critique en son absence.

Ce que dit la Bible

Le livre des Proverbes, dans les paroles d'une mère à son fils roi, demande d'ouvrir la bouche pour ceux qui ne peuvent pas parler :

« Ouvre ta bouche pour le muet, Pour la cause de tous les délaissés. Ouvre ta bouche, juge avec justice, Et défends le malheureux et l’indigent. »

« Ouvre ta bouche pour le muet » : parler à la place de celui qui ne peut pas le faire. Dans l'histoire de David, Jonathan en donne un exemple concret : alors que son père Saül veut tuer David, il plaide pour lui :

« Jonathan parla favorablement de David à Saül, son père: Que le roi, dit-il, ne commette pas un péché à l’égard de son serviteur David, car il n’en a point commis envers toi. Au contraire, il a agi pour ton bien; il a exposé sa vie, il a tué le Philistin, et l’Éternel a opéré une grande délivrance pour tout Israël. Tu l’as vu, et tu t’en es réjoui. Pourquoi pécherais-tu contre le sang innocent, et ferais-tu sans raison mourir David? »

Jonathan parle en bien de David, rappelle ses services, évoque la vérité des faits, et obtient un apaisement. Il prend un risque (son père était violent), mais il dit les choses justement, sans insulter Saül. Le livre du Lévitique interdit enfin de répandre des calomnies (Lévitique 19:16) : ne pas laisser la médisance courir fait partie de la justice.

Les pièges à éviter

Prendre le rôle du justicier. Si tu attaques ceux qui critiquent, tu remplaces une médisance par une autre. Reste doux et factuel.

Défendre quelqu'un à tort. Parfois, la critique est fondée. Défendre un absent ne veut pas dire nier les faits : tu peux dire « Il y a un vrai problème, mais parlons-en avec lui ».

S'ériger en sauveur. Tu ne rends pas service à l'absent en te donnant le beau rôle. Reste modeste : un mot suffit.

Rester dans le silence par peur. Le silence est souvent perçu comme un accord. Même un simple « Moi, je ne le vois pas comme ça » fait la différence.

Oublier ceux qui sont présents. Les personnes qui critiquent ne sont pas des ennemis : ce sont des collègues, des amis. Garde un ton respectueux.

Aujourd'hui, si une critique contre un absent s'installe, dis un mot juste et bienveillant à sa place.

Prêt à le mettre en pratique ?

Mathétès te propose chaque jour des quêtes concrètes pour devenir disciple, gratuitement. Cette quête y est prête à être relevée.

Relève cette quête dans Mathétès