Mathétès

Intercéder pour un opposant : prier pour celui qui s'oppose à toi

Certaines personnes s'opposent à toi : un concurrent, un collègue qui te dénigre, un voisin avec qui le conflit dure, une personne qui critique tout ce que tu fais. Lui souhaiter du bien semble contre nature. Pourtant, c'est la demande de Jésus. Cette quête te propose de nommer cette personne devant Dieu, et de demander du bien pour elle.

À quoi ça ressemble dans ta journée

Cette prière s'adresse à un opposant, c'est-à-dire à quelqu'un dont les actes ou les paroles vont à l'encontre de tes intérêts, de ton travail ou de tes valeurs. Voici comment faire :

  1. Nomme-le. Dis son nom à Dieu, tel quel. Ne dis pas « cette personne ».
  2. Dis ce que tu ressens, honnêtement. « Seigneur, je suis en colère contre lui. Il m'a fait perdre un projet. » Dieu connaît déjà. Ne joue pas la comédie.
  3. Demande du bien, concrètement. Pas une bénédiction abstraite : « Donne-lui de la santé, de la paix dans sa famille, de la réussite dans ce qui est juste. » Ce qui n'est pas juste, tu n'as pas à le bénir.
  4. Demande à Dieu de t'aider à te comporter bien, quoi qu'il fasse.
  5. Laisse la justice à Dieu. « Je te remets ce qui est injuste. C'est à toi de juger. »

La prière change souvent le regard avant de changer la situation. Tu verras peut-être la personne autrement : fatiguée, effrayée, blessée.

Si tu es pressé, une phrase suffit : « Seigneur, bénis [prénom]. » Si tu es timide, tu peux l'écrire. Si tu ne ressens que de la colère, commence par la dire à Dieu : une prière de colère est déjà une prière.

Ce que dit la Bible

Le psalmiste, lui-même entouré d'adversaires, décrit une réaction étonnante :

« Tandis que je les aime, ils sont mes adversaires; Mais moi je recours à la prière. »

« Tandis que je les aime, ils sont mes adversaires ; mais moi je recours à la prière » : face à l'hostilité, il prie. Le livre des Proverbes va plus loin : il appelle à faire du bien concrètement :

« Si ton ennemi a faim, donne-lui du pain à manger; S’il a soif, donne-lui de l’eau à boire. Car ce sont des charbons ardents que tu amasses sur sa tête, Et l’Éternel te récompensera. »

Nourrir l'ennemi qui a faim, c'est le contraire de la vengeance. Et le même livre met en garde contre la joie mauvaise : « Ne te réjouis pas de la chute de ton ennemi » (Proverbes 24:17-18). Paul reprend ces deux idées dans la lettre aux Romains (Romains 12:20-21), en concluant qu'il faut surmonter le mal par le bien.

L'histoire de David et de Saül montre une application poignante : David a l'occasion de tuer le roi qui le poursuit, il l'épargne (1 Samuel 24:7-8) et lui laisse la justice de Dieu.

Les pièges à éviter

La prière de façade. « Seigneur, bénis-le » dit avec des dents serrées, sans y penser, ne sert pas à grand-chose. Dis plutôt ta vraie colère, puis demande l'aide de Dieu.

La prière-vengeance. « Fais-lui voir ce qu'il m'a fait » n'est pas une intercession. Les psaumes contiennent parfois de telles demandes, mais le Nouveau Testament nous appelle à autre chose.

Prier au lieu de parler. Parfois, l'opposition appelle une conversation. La prière peut préparer une rencontre, pas la remplacer.

Oublier de te protéger. Prier pour quelqu'un qui te nuit n'empêche pas de poser des limites, de signaler un abus ou de chercher conseil.

Se croire meilleur. Pense que tu peux aussi être l'opposant de quelqu'un. Cela rend la prière plus humble.

Aujourd'hui, nomme un opposant devant Dieu. Dis ce que tu ressens, puis demande-lui du bien pour cette personne.

Prêt à le mettre en pratique ?

Mathétès te propose chaque jour des quêtes concrètes pour devenir disciple, gratuitement. Cette quête y est prête à être relevée.

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