Lire trois fois le Psaume 23 : trois regards sur un psaume bien connu
Le Psaume 23 est probablement le texte biblique le plus connu au monde. On le dit aux mariages comme aux enterrements, on l'a appris à l'école du dimanche. C'est aussi pour cela qu'on le lit sans plus y penser. Cette quête te propose de le lire trois fois, en changeant chaque fois d'angle.
À quoi ça ressemble dans ta journée
Le psaume est court : six versets. Tu peux faire les trois lectures d'un coup, ou une par jour sur trois jours. Voici trois regards possibles :
- Première lecture : le berger. Lis en te concentrant sur ce que Dieu fait : il fait reposer, il dirige, il restaure, il conduit, il prépare une table, il accompagne. Souligne tous les verbes dont Dieu est le sujet. Remarque combien il est actif.
- Deuxième lecture : la brebis. Cette fois, regarde l'autre rôle : celui qui parle. Que ressent-il ? Quel est son état d'esprit : confiant, paisible, sans peur, reconnaissant ? À quel moment passe-t-il de « il » à « tu » (au verset 4) ? C'est un moment important : le psaume cesse de parler de Dieu pour parler à Dieu.
- Troisième lecture : toi. Relis en te demandant : où est-ce que je suis dans ce psaume ? Dans les verts pâturages ? Dans la vallée sombre ? À la table ? À quel verset ai-je besoin de m'arrêter aujourd'hui ?
Après la troisième lecture, écris une phrase : ce que tu as découvert. Cette quête hebdomadaire t'invite à une vraie rencontre avec un texte que tu crois connaître.
Si tu es pressé, trois lectures de deux minutes chacune suffisent. Si tu es débutant, lis à voix basse. Si tu es timide, ton retour peut rester discret.
Ce que dit la Bible
Voici le psaume entier, tel que le donne la Bible Segond 1910 :
« Cantique de David. L’Éternel est mon berger: je ne manquerai de rien. Il me fait reposer dans de verts pâturages, Il me dirige près des eaux paisibles. Il restaure mon âme, Il me conduit dans les sentiers de la justice, A cause de son nom. Quand je marche dans la vallée de l’ombre de la mort, Je ne crains aucun mal, car tu es avec moi: Ta houlette et ton bâton me rassurent. Tu dresses devant moi une table, En face de mes adversaires; Tu oins d’huile ma tête, Et ma coupe déborde. Oui, le bonheur et la grâce m’accompagneront Tous les jours de ma vie, Et j’habiterai dans la maison de l’Éternel Jusqu’à la fin de mes jours. »
Quelques détails que la lecture attentive fait ressortir. D'abord, le changement de pronom au verset 4 : jusque-là, « Il me fait reposer, il me dirige » ; ensuite, « Tu es avec moi ». Quand l'ombre de la mort s'approche, la relation devient directe. Ensuite, le verbe « suivre » au verset 6 : le bonheur et la grâce « m'accompagneront » (le verbe hébreu dit littéralement « poursuivre »), comme des compagnons fidèles.
Jésus reprend le thème du berger dans l'Évangile de Jean (Jean 10:11), en disant qu'il est le bon berger qui donne sa vie pour ses brebis. Pour les chrétiens, le Psaume 23 trouve là un écho : le Berger du psaume est le même que celui qui s'est donné.
Les pièges à éviter
Le lire seulement dans les moments de deuil. Ce psaume parle aussi de joie, de repos, de repas, de fête. Ne le réserve pas aux funérailles.
Se contenter de la belle image. Le psaume contient une vallée sombre, des ennemis, une table dressée devant eux. Ce n'est pas un conte de fées : c'est une confiance qui traverse l'épreuve.
Dire qu'il promet que tout ira bien. Il ne promet pas l'absence de vallées, il promet une présence dans la vallée. La nuance est grande.
Le lire trop vite parce qu'on le connaît. Si tu as un psaume que tu sais par cœur, lis-le dans une traduction que tu ne connais pas. Les mots inhabituels forcent à ralentir.
Chercher une expérience. Il n'y a pas de bonne manière de le ressentir. Certains jours, il consolera, d'autres, il laissera indifférent. Reviens-y.
Cette semaine, lis le Psaume 23 trois fois, avec trois regards. Termine par une phrase de prière.